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ANALYSE KIVIA

MacroéconomieNEUTRE

Dangote lance la construction d’une raffinerie de 16 milliards USD au Kenya

Publié le 1 octobre 20263 min

À retenir

  • Le milliardaire nigerian Aliko Dangote a procédé ce 30 septembre, à la pose de la première pierre d'un projet de raffinerie de pétrole de 16 milliards de dollars, soit 9 019 milliards FCFA, à Lamu, sur la côte Nord du Kenya.
  • D'une capacité prévue de 700 000 barils par jour, le projet ambitionne de réduire la dépendance de l'Afrique de l'Est aux importations de carburants, de limiter les sorties de devises et de renforcer l'intégration énergétique régionale.
  • Présentée comme le plus important investissement direct étranger jamais réalisé au Kenya, cette infrastructure devrait permettre au groupe Dangote de reproduire en Afrique de l'Est le modèle industriel développé au Nigeria, où sa raffinerie dispose d'une capacité de traitement de 700 000 barils par jour et en phase d'extension pour atteindre 1,4 million de barils par jour.

Le milliardaire nigerian Aliko Dangote a procédé ce 30 septembre, à la pose de la première pierre d'un projet de raffinerie de pétrole de 16 milliards de dollars, soit 9 019 milliards FCFA, à Lamu, sur la côte Nord du Kenya. D'une capacité prévue de 700 000 barils par jour, le projet ambitionne de réduire la dépendance de l'Afrique de l'Est aux importations de carburants, de limiter les sorties de devises et de renforcer l'intégration énergétique régionale.

Présentée comme le plus important investissement direct étranger jamais réalisé au Kenya, cette infrastructure devrait permettre au groupe Dangote de reproduire en Afrique de l'Est le modèle industriel développé au Nigeria, où sa raffinerie dispose d'une capacité de traitement de 700 000 barils par jour et en phase d'extension pour atteindre 1,4 million de barils par jour.

La mise en service de la future installation kényane est annoncée à l'horizon 2030, même si Aliko Dangote a évoqué un délai de 40 mois pour son achèvement lors de la cérémonie de lancement. Pour Nairobi, l'enjeu est de taille.

Le pays entend consolider sa position dans la chaîne de valeur pétrolière régionale, alors que plusieurs économies voisines cherchent à développer leur production de brut et à sécuriser leurs approvisionnements en produits raffinés.

Une capacité de raffinage pour réduire la dépendance aux importations

Le projet intervient dans un marché Est-africain dont la demande annuelle en produits pétroliers est estimée entre 20 et 30 millions de tonnes, selon les autorités du pays. D'après les estimations présentées par les acteurs du secteur, il faudrait une capacité de raffinage supérieure à un million de barils par jour pour couvrir l'ensemble de cette demande.

Avec ses 700 000 barils par jour, la future raffinerie de Lamu pourrait ainsi fournir une part importante des besoins régionaux, sans toutefois éliminer totalement le recours aux approvisionnements extérieurs. L'objectif est notamment de réduire les importations d'essence, de diesel, de kérosène et d'autres produits pétroliers, qui mobilisent d'importantes quantités de devises étrangères.

En développant une capacité de transformation locale, le Kenya et ses voisins pourraient limiter leur exposition aux fluctuations des cours internationaux et aux perturbations des chaînes d'approvisionnement.

Le complexe devrait notamment intégrer des unités de production pétrochimique, des installations de fabrication d'huiles de base et de bitume, ainsi que des infrastructures de stockage et de transport. Une centrale électrique d'une capacité de 1 000 mégawatts est également prévue sur le site.

Selon Aliko Dangote, elle alimentera les installations industrielles et commercialisera son excédent d'électricité auprès d'autres consommateurs. Le projet pourrait ainsi favoriser l'émergence d'activités connexes dans l'ingénierie, la maintenance, les services industriels et la sous-traitance, avec des retombées potentielles sur les petites et moyennes entreprises locales.

Sur le plan technique, Engineers India Limited a obtenu un contrat d'ingénierie d'une valeur de 450 millions de dollars, tandis que Honeywell Technologies doit apporter son soutien technologique au projet.

Les autorités kényanes anticipent par ailleurs la création de plus de 50 000 emplois. Pour accompagner le développement des compétences locales, Aliko Dangote a également annoncé la création d'une école de formation destinée à former 1 000 jeunes ingénieurs kényans.

Les tensions récentes sur les marchés énergétiques (crises au Moyen Orient et Russo-Ukrainienne), qui ont contribué à la hausse des prix à la pompe dans plusieurs pays du continent, renforcent l'intérêt stratégique de cette initiative. Le projet prévoit également d'exporter du kérosène vers les marchés européens et britanniques, ouvrant ainsi des perspectives commerciales au-delà du continent africain.

Lamu, futur carrefour énergétique de l'Afrique de l'Est ?

Le choix de Lamu s'inscrit dans la stratégie kényane de développement des infrastructures logistiques. Le port, qui a accueilli ses premiers navires de marchandises en 2021, constitue un élément central d'un corridor destiné à relier le nord du pays et les États voisins à la mer.

L'implantation de la raffinerie pourrait accroître les flux de pétrole brut et de produits raffinés transitant par cette infrastructure, tout en stimulant les activités de transport, de stockage et de manutention. Le site pourrait ainsi gagner en importance dans l'approvisionnement énergétique de l'Afrique de l'Est.

Le projet prévoit également une ouverture du capital aux États de la région. Aliko Dangote a proposé aux gouvernements concernés une participation combinée de 30% dans la raffinerie.

Cette formule vise à associer plusieurs pays à une infrastructure dont les débouchés commerciaux dépasseraient les frontières kényanes.

L'Ouganda et le Kenya, qui envisagent de développer leur production de pétrole brut, figurent parmi les acteurs concernés par cette nouv

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