La semaine 38 est plus contrastée que ne le laisse penser la stabilité du Brent. Le pétrole évolue au gré des signaux diplomatiques entre Washington et Téhéran et des tensions persistantes sur l'offre au Moyen-Orient.
Le cacao rebondit de 5,5 % après sa forte correction de la semaine précédente, tandis que l'huile de palme recule de 4,6 % jusqu'à son plus bas niveau de clôture en sept semaines. Café, sucre, coton et caoutchouc naturel affichent des mouvements plus contenus.
Pétrole : Brent stable à 104 dollars, le WTI lâche près de 8 %
Le Brent termine la semaine à 104,32 dollars, contre 103,87 dollars sept jours plus tôt, soit une progression limitée de 0,4 %. Cette quasi-stabilité masque toutefois une forte volatilité.
Le contrat a d'abord cédé 3,4 % lundi, à 100,34 dollars, puis 1,1 % mardi, à 99,25 dollars, son plus bas règlement de la semaine, alors que Donald Trump s'était dit disposé à rencontrer le président iranien Massoud Pezeshkian en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. Le redressement des exportations saoudiennes, à plus de 4 millions de barils par jour en septembre, a également pesé sur les cours.
La tendance s'est ensuite inversée. Le Brent est remonté jusqu'à 106,60 dollars jeudi, soutenu par la poursuite des attaques houthies contre l'Arabie saoudite et par les tensions persistantes sur l'approvisionnement international, notamment en diesel.
Le mouvement s'est toutefois retourné vendredi, avec un recul de 2,1 %, après de nouveaux signaux diplomatiques entre Washington et Téhéran. L'Iran a notamment proposé de rouvrir le détroit d'Ormuz sous sept jours et de reprendre les discussions nucléaires sous certaines conditions, tandis que des diplomates américains et iraniens se sont rencontrés à New York.
Le WTI a davantage décroché, perdant 7,9 % à 92,41 dollars. L'écart entre les deux références atteint ainsi près de 12 dollars, traduisant une évolution différente des deux contrats face aux incertitudes sur l'offre et la demande.
Cacao : +5,5 %, un rebond qui n'efface pas la correction
Le cacao rebondit de 5,5 %, passant de 5 327 à 5 619 dollars la tonne, après avoir perdu 10,3 % la semaine précédente. Le marché a enregistré cinq séances consécutives de hausse et trouvé un premier point d'appui autour de 5 300 dollars, malgré un passage à 5 111 dollars mardi.
Ce rebond reste toutefois à relativiser. Les stocks certifiés ICE se maintiennent autour de 3,4 millions de sacs, leur plus haut niveau en deux ans.
En parallèle, les inquiétudes sur la prochaine campagne continuent de soutenir les cours : le retard annoncé de huit à dix semaines pour la campagne principale ivoirienne et l'ouverture prévue vendredi de la campagne ghanéenne 2026/27 maintiennent l'attention sur les perspectives d'offre. Le marché reste ainsi partagé entre des stocks actuellement abondants et des incertitudes sur la prochaine récolte.
Huile de palme : -4,6 %, plus bas de clôture depuis début août
L'huile de palme poursuit son repli, avec une baisse de 4,6 % sur la semaine, de 4 898 à 4 672 MYR la tonne. Le mouvement s'est accentué vendredi, avec une baisse de 2,1 % qui ramène le contrat à son plus bas niveau de clôture depuis le 3 août.
La pression vient principalement des fondamentaux du marché malaisien. La production est attendue en hausse tandis que les exportations ont reculé de 15,1 % à 24,3 % entre le 1er et le 25 septembre par rapport au mois précédent.
Cette combinaison alimente les anticipations de stocks supérieurs à 3,1 millions de tonnes à la fin du mois. La faiblesse persistante de la demande indienne, malgré la réduction des droits d'importation sur les huiles alimentaires, renforce également la pression sur les cours.
Le recul du pétrole vendredi et la baisse de l'huile de soja à Chicago ont amplifié le mouvement. L'huile de palme cumule ainsi une pression propre à son marché et un environnement moins favorable du côté des matières premières énergétiques et des huiles concurrentes.
Café, sucre, coton et caoutchouc : des mouvements plus contenus
Les autres matières premières affichent des variations plus limitées. L'arabica recule de 0,7 %, de 280,50 à 278,60 cents, après un passage à 269,75 cents mercredi, tandis que le robusta cède 0,9 %, à 3 367 dollars la tonne.
Le sucre progresse de 1,4 %, de 18,24 à 18,50 cents, et le coton gagne 1,9 %, de 81,15 à 82,71 cents, après une hausse de 2,8 % dès lundi. Le RSS3 avance pour sa part de 2,6 %, de 274 à 281 SGD/kg, dans un marché qui demeure peu liquide.
La semaine 38 met en évidence des trajectoires très différentes au sein du complexe. Le Brent termine presque inchangé malgré de fortes fluctuations, alors que le WTI accuse une baisse nettement plus marquée.
Sur les marchés agricoles, l'huile de palme subit la pression de fondamentaux défavorables, entre hausse attendue de la production, recul des exportations et risque d'accumulation des stocks.
Le cacao évolue dans la direction opposée avec un rebond de 5,5 %, mais celui-ci ne suffit pas à efface
