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ANALYSE KIVIA

MacroéconomieNEUTRE

RDC : 300 millions USD pour importer jusqu’à 550 MW d’électricité de Zambie et alimenter les régions minières

Publié le 7 octobre 20263 min

À retenir

  • La République démocratique du Congo veut renforcer l'alimentation électrique de sa principale région minière en s'appuyant davantage sur les capacités de production de son voisin zambien.
  • Quatre acteurs — le Fonds d'investissement stratégique de la RDC (FIS-RDC), Enterprise Power DRC (EnPower), Trafigura et Gridworks Development Partners — ont signé un accord-cadre pour financer, construire et exploiter une ligne de transmission de 200 km entre Kalumbila, en Zambie, et Kolwezi, dans le sud-est de la RDC.
  • Baptisé KKIP (Kalumbila-Kolwezi Interconnector Project), le projet représente un investissement estimé à 300 millions USD, soit environ 168 milliards FCFA.

La République démocratique du Congo veut renforcer l'alimentation électrique de sa principale région minière en s'appuyant davantage sur les capacités de production de son voisin zambien. Quatre acteurs — le Fonds d'investissement stratégique de la RDC (FIS-RDC), Enterprise Power DRC (EnPower), Trafigura et Gridworks Development Partners — ont signé un accord-cadre pour financer, construire et exploiter une ligne de transmission de 200 km entre Kalumbila, en Zambie, et Kolwezi, dans le sud-est de la RDC.

Baptisé KKIP (Kalumbila-Kolwezi Interconnector Project), le projet représente un investissement estimé à 300 millions USD, soit environ 168 milliards FCFA. La future infrastructure disposera d'une capacité de transmission de 700 MW et doit permettre à la RDC d'importer jusqu'à 550 MW d'électricité depuis la Zambie.

L'objectif est d'alimenter plus régulièrement les activités minières et industrielles de la Copperbelt congolaise, l'une des principales zones d'exploitation et de transformation des minerais du pays.

Cette région concentre en effet une part importante de la production congolaise de cuivre et de cobalt, deux minerais stratégiques qui occupent une place centrale dans les exportations de la RDC et dans les chaînes mondiales d'approvisionnement en métaux destinés notamment aux industries électriques et technologiques. Dans ce bassin minier, la disponibilité d'une électricité suffisante, fiable et compétitive constitue donc un enjeu directement lié à la capacité des entreprises à maintenir, accroître ou transformer leur production.

La conception du KKIP prévoit en outre une possibilité d'extension de l'infrastructure afin de porter sa capacité de transmission à plus de 1 GW à terme. Cette perspective vise à accompagner l'augmentation attendue de la demande énergétique dans une région où les projets miniers et industriels continuent de se développer.

Le projet intervient surtout dans un contexte de déficit énergétique structurel en RDC. Selon ses promoteurs, le déficit d'électricité dépasse actuellement 1 GW.

Cette insuffisance affecte particulièrement les entreprises minières et industrielles du sud-est du pays, confrontées à une demande énergétique croissante alors même que les capacités disponibles ne permettent pas toujours de répondre à leurs besoins dans des conditions de coût et de fiabilité satisfaisantes.

Une ligne pour desserrer la contrainte énergétique des mines

Dans ce contexte, le KKIP est présenté comme un levier destiné à desserrer la contrainte énergétique qui pèse sur l'industrie minière congolaise. Pour ses promoteurs, l'interconnexion pourrait notamment permettre de remettre en activité certains projets miniers et de raffinage aujourd'hui en attente en raison d'un approvisionnement électrique insuffisant ou trop coûteux.

L'augmentation de la disponibilité d'électricité pourrait également favoriser une hausse des volumes de production et de raffinage dans la Copperbelt. À terme, cette dynamique pourrait se traduire par une augmentation des recettes fiscales de l'État congolais, grâce à une activité minière et industrielle plus importante.

" En contribuant à combler le déficit énergétique de la Copperbelt, le projet libérera la croissance industrielle, des emplois qualifiés et des recettes fiscales pour la RDC. En soutenant un projet mené par un promoteur privé congolais, FIS-RDC démontre que le capital souverain peut agir comme un catalyseur pour l'investissement privé plutôt que comme un substitut ", a déclaré Emile Osumba, PDG du FIS-RDC.

Le montage financier repose sur une combinaison de dette et de fonds propres. Trafigura, négociant international en matières premières, a accepté d'organiser une part significative du financement par dette du projet.

Le FIS-RDC, EnPower et Gridworks doivent, de leur côté, prendre des participations au capital. Gridworks est appelé à jouer le rôle d'investisseur principal et d'actionnaire majoritaire.

Des discussions sont également engagées avec des entités zambiennes en vue d'une éventuelle prise de participation au capital du projet. Cette ouverture doit permettre d'associer davantage les acteurs du pays fournisseur d'électricité à une infrastructure appelée à renforcer les échanges énergétiques transfrontaliers entre les deux pays.

Claude Paul Tjeg

Publié le 07/10/26 14:32

La Rédaction

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