Le Ghana renforce le financement de sa filière cacao en se tournant davantage vers son propre marché financier. Le Ghana Cocoa Board (COCOBOD), l'organisme public qui encadre le secteur, a levé 3,39 milliards de cedis, soit environ 288 millions de dollars (168 milliards FCFA), pour soutenir le financement des achats de cacao au cours de la campagne 2026/2027.
Cette opération intervient alors que le pays cherche à réduire sa dépendance aux mécanismes de financement internationaux qui ont montré leurs limites ces dernières années.
Réalisée par Cocoa Capital PLC, une filiale détenue à 100 % par COCOBOD, cette première émission a été conclue à un taux de 11 %, avec une échéance prévue en juin 2027. L'opération devait initialement permettre de lever 4 milliards de cedis, mais les investisseurs ont finalement apporté 3,39 milliards.
Ces ressources doivent notamment permettre de financer les sociétés agréées chargées d'acheter les fèves auprès des producteurs.
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Au Ghana, ces entreprises, appelées Licensed Buying Companies (LBC), achètent directement le cacao aux planteurs et doivent disposer des liquidités nécessaires pour les payer au moment de la collecte. COCOBOD intervient ensuite dans le financement de ces opérations.
En juillet dernier, l'organisme avait déjà débloqué 2,6 milliards de cedis en faveur des LBC, notamment pour soutenir le paiement des producteurs.
La nouvelle levée constitue une première tranche d'un programme de financement domestique de 16,3 milliards de cedis, soit environ 1 380 milliards de FCFA. Sur cette enveloppe, 14 milliards de cedis doivent financer les besoins liés aux achats de cacao de la campagne 2026/2027, tandis que les 2,3 milliards restants sont destinés au refinancement d'une partie de la dette de COCOBOD.
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Ce recours au marché financier ghanéen intervient alors que le modèle traditionnel de financement de la filière s'est fortement dégradé. Pendant plusieurs décennies, COCOBOD s'est appuyé sur des prêts syndiqués accordés par des banques internationales pour financer les achats de cacao.
Ce mécanisme s'est toutefois détérioré à partir de la campagne 2023/2024, poussant l'organisme à rechercher d'autres sources de liquidités. Le Ghana avait notamment recours au préfinancement apporté par des négociants internationaux, sans parvenir à résoudre durablement ses difficultés de trésorerie.
Pour la campagne actuelle, l'enjeu est donc de disposer suffisamment tôt des fonds nécessaires aux achats, alors que le prix payé aux producteurs a été relevé à 42 400 cedis la tonne, contre 41 392 cedis lors de la précédente campagne.
Fanuelle YAO
Publié le 08/10/26 10:55
La Rédaction
