Le projet aurifère de Zaranou abrite désormais 1,2 million d'onces de ressources, soit environ 37 tonnes d'or, après une progression de 228 % en moins d'un an. Porté par l'australien Skylark Minerals qui y a renforcé sa participation, cet actif situé à 110 kilomètres au nord-est d'Abidjan entre dans une nouvelle phase d'exploration.
Plusieurs étapes restent toutefois nécessaires avant d'envisager la construction d'une mine.
Zaranou vient de franchir un seuil important dans la longue trajectoire qui peut conduire une découverte aurifère jusqu'à l'exploitation industrielle. Dans une note publiée le 19 octobre 2026 et consultée par Sika Finance, l'australien Skylark Minerals estime désormais les ressources du projet à 29 millions de tonnes de minerai présentant une teneur moyenne de 1,28 gramme d'or par tonne.
Ces ressources ne constituent pas encore des réserves minières. Des forages plus rapprochés et des études techniques restent nécessaires pour déterminer la part du minerai qui pourra effectivement être extraite de manière rentable.
À ce stade, le volume identifié renfermerait près de 1,2 million d'onces d'or, soit environ 37 tonnes. En moins de douze mois, les ressources annoncées ont ainsi plus que triplé, contre 364 600 onces auparavant.
Cette progression de 228 % fait entrer Zaranou dans une nouvelle catégorie parmi les projets aurifères ivoiriens prometteurs encore en phase d'exploration.
Cette évolution donne surtout une première mesure de l'ampleur du potentiel du permis et fournit à Skylark une base suffisamment importante pour intensifier ses travaux. La société souligne notamment que les teneurs en or augmentent dans les parties les plus profondes du gisement exploré, dépassant 2,5 grammes par tonne dans certains niveaux.
L'essentiel de cette progression provient du gisement M'Basso, sur le permis, où Skylark a mené sa première campagne systématique de forage. Les ressources de M'Basso atteignent désormais 872 600 onces, contre seulement 11 700 onces avant cette campagne, soit une augmentation d'environ 861 000 onces.
Au total, Skylark a consacré environ 7 millions de dollars australiens, soit environ 3 milliards FCFA, aux travaux de découverte et de délimitation menés à M'Basso.
Le programme prévu en 2027 portera principalement sur la recherche de nouvelles ressources sur différents sites, y compris M'Basso. Ce, d'autant plus que, souligne la compagnie, le permis de Zaranou couvre environ 287 km² et s'étend sur près de 47 kilomètres de corridor géologique jugé favorable, alors que la nouvelle estimation repose principalement sur les deux kilomètres étudiés à M'Basso.
En parallèle de l'augmentation des ressources, Skylark a renforcé son contrôle économique sur le projet acquis fin 2025. La société a conclu un accord contraignant lui permettant de porter directement sa participation de 51 % à 90 %, moyennant un paiement de 1,2 million de dollars, environ 680 millions FCFA.
Le montage initial prévoyait une montée progressive au capital, conditionnée à la réalisation successive d'une étude exploratoire, d'une étude de préfaisabilité puis d'une étude de faisabilité. L'accord révisé permet à Skylark d'atteindre 90 % sans attendre l'achèvement de ces trois étapes.
La société conserve également la possibilité d'acquérir les 10 % restants.
Cette opération lui donne une exposition beaucoup plus importante aux ressources déjà identifiées et à celles qui pourraient être découvertes au cours des prochaines campagnes. Elle traduit aussi la confiance de l'entreprise dans le potentiel de Zaranou.
Skylark présente le projet comme l'actif central de sa stratégie visant à constituer un portefeuille aurifère en Afrique de l'Ouest.
Zaranou apparaît ainsi comme le premier pari en bonne voie de Skylark Minerals en Côte d'Ivoire. Le projet appartient à un portefeuille de trois actifs acquis fin 2025 par la junior australienne : Zaranou, dont elle détenait initialement 51 % avec la possibilité de monter à 100 % ; le projet Maphai, détenu intégralement dans le sud-est du pays ; et celui de Vavoua, situé à une vingtaine de kilomètres au nord de la mine d'Abujar, près de Daloa, dans une zone considérée comme fortement prospective pour l'or.
Les résultats obtenus à Zaranou donnent ainsi une première assise concrète à la stratégie ivoirienne du groupe.
Publié le 22/10/26 16:59
Jean Mermoz Konandi
