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ANALYSE KIVIA

MacroéconomiePOSITIF

Congo: Profitant d’un baril à 104 dollars, les recettes pétrolières bondissent de 133 %

Publié le 7 octobre 20263 min

À retenir

  • Le Congo a encaissé 304,6 milliards FCFA de recettes pétrolières au deuxième trimestre 2026, contre 130,6 milliards FCFA un an plus tôt, soit une hausse de 133,2 %.
  • Cette progression, détaillée dans la note de conjoncture de la Direction générale de l'économie (DGE), s'inscrit dans un contexte de forte remontée des cours du brut.
  • Selon les données de la Banque mondiale reprises par le ministère congolais de l'Économie, le prix moyen du baril s'est établi à 104,4 dollars au deuxième trimestre 2026, contre 67,8 dollars sur la même période de 2025.

Le Congo a encaissé 304,6 milliards FCFA de recettes pétrolières au deuxième trimestre 2026, contre 130,6 milliards FCFA un an plus tôt, soit une hausse de 133,2 %. Cette progression, détaillée dans la note de conjoncture de la Direction générale de l'économie (DGE), s'inscrit dans un contexte de forte remontée des cours du brut.

Selon les données de la Banque mondiale reprises par le ministère congolais de l'Économie, le prix moyen du baril s'est établi à 104,4 dollars au deuxième trimestre 2026, contre 67,8 dollars sur la même période de 2025.

Le marché pétrolier a ainsi connu une accélération spectaculaire en l'espace de quelques mois. Après avoir oscillé entre 63,7 et 75,6 dollars au cours des quatre trimestres de 2025, le prix moyen du baril est remonté à 80,5 dollars au premier trimestre 2026, avant d'atteindre 104,4 dollars au deuxième trimestre, soit une progression de 29,7 % en seulement trois mois.

Pour l'ensemble de l'année 2026, le cadrage macroéconomique retient un cours moyen de 86 dollars le baril, contre 69 dollars en 2025, soit une hausse de 24,6 %.

La DGE attribue cette flambée notamment à la dégradation de la situation au Moyen-Orient. La note évoque " la crise au Moyen-Orient et notamment la fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transiteraient près de 20 millions de barils par jour, soit environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole ".

Cette envolée des cours a directement amplifié les recettes tirées des exportations congolaises, alors même que la production progressait également.

Au deuxième trimestre, la production pétrolière a atteint 26,4 millions de barils, contre 24,6 millions un an auparavant, soit une hausse de 7,3 %. La DGE explique cette progression par " l'amélioration des installations de traitement d'huile et d'extraction de GPL, la remise en production de puits longtemps fermés, ainsi que l'apport de nouveaux forages et les gains de performance sur les puits actifs ".

La hausse des volumes exportés a été encore plus marquée. Les exportations sont passées de 22,5 à 25,2 millions de barils sur un an, soit une progression de 12,2 %.

Combinée à l'appréciation du prix du brut, cette augmentation des volumes a fortement gonflé la valeur des exportations pétrolières.

Celles-ci ont ainsi rapporté 1 371,4 milliards FCFA au deuxième trimestre 2026, contre 847,1 milliards FCFA un an plus tôt. Le gain atteint 524,3 milliards FCFA, soit une progression de 61,9 %.

Le Nkossa Blend, l'un des principaux bruts exportés par le Congo, a particulièrement contribué à cette performance. Ses volumes vendus ont augmenté de 69,1 %, tandis que leur valeur a bondi de 161,9 %, passant de 104,5 à 273,8 milliards FCFA.

Le Djeno Blend, qui demeure le brut le plus exporté, a lui aussi affiché une progression significative. Sa valeur est passée de 697,8 à 1 038,6 milliards FCFA, alors que les volumes commercialisés n'ont augmenté que de 5,8 %.

La moitié des recettes publiques

Cette embellie du secteur pétrolier se répercute directement sur les finances publiques. Les recettes pétrolières représentent désormais 49,1 % des recettes publiques hors dons, contre 29,8 % un an plus tôt.

Elles ont également plus que doublé en l'espace d'un trimestre, passant de 145,2 milliards FCFA au premier trimestre 2026 à 304,6 milliards FCFA au deuxième, soit une hausse de 109,8 %. Sur un an, l'augmentation atteint ainsi 174 milliards FCFA.

Pour l'ensemble de l'année 2026, le cadrage macroéconomique prévoit 1 246,4 milliards FCFA de recettes pétrolières, soit l'équivalent de 11,6 % du PIB. La trajectoire observée au premier semestre constitue donc un élément déterminant pour l'exécution de ces prévisions, même si elle reste exposée à la volatilité des cours internationaux.

Cette hausse des prix du pétrole a toutefois un effet moins favorable sur le coût des approvisionnements de la raffinerie. Les volumes destinés à son alimentation sont restés quasiment stables, à 1,5 million de barils.

En revanche, leur valeur a fortement augmenté, passant de 47,4 à 69,8 milliards FCFA, soit une progression de 47,1 %.

Le prix moyen payé pour ces approvisionnements est ainsi passé de 31 834 à 45 917 FCFA le baril. La DGE précise que " la hausse de la facture d'approvisionnement résulte essentiellement de l'effet-prix ".

Autrement dit, si la hausse du cours du brut dope les recettes d'exportation et les revenus pétroliers de l'État, elle renchérit simultanément la facture liée à l'approvisionnement de la raffinerie.

Claude Paul Tjeg

Publié le 07/10/26 14:09

La Rédaction

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