La Banque africaine de développement (BAD) et l'Allemagne entendent accélérer le développement des infrastructures ferroviaires en Afrique, afin de réduire les coûts de transport, de fluidifier les échanges transfrontaliers et de renforcer l'intégration économique régionale. Ainsi, les deux partenaires ont formalisé leur volonté de coopération à travers la signature d'une lettre d'intention avec le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), rapporte un communiqué de la BAD publié ce 30 septembre.
Cette initiative marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre les institutions africaines de financement du développement et les partenaires européens autour de la modernisation du transport ferroviaire sur le continent. La lettre d'intention a été signée par Mike Salawou, directeur du Département des infrastructures et du développement urbain du groupe de la BAD, et Michael Krake, directeur général adjoint du BMZ chargé de la coopération économique, à l'occasion du premier Dialogue industriel afro-européen sur les chemins de fer.
Organisée dans le cadre du Salon international des technologies de transport InnoTrans, cette rencontre a été conjointement portée par l'Agence allemande de coopération internationale (GIZ), la compagnie ferroviaire Deutsche Bahn et l'initiative Global Gateway de l'Union européenne.
Réduire les coûts logistiques et faciliter les échanges transfrontaliers
Au cœur de cette coopération figure l'ambition de faire du chemin de fer un levier de compétitivité économique et d'intégration régionale. Les deux parties prévoient notamment de travailler à la réduction des coûts de transport, à l'amélioration de l'interopérabilité des réseaux ferroviaires entre les pays africains et à la promotion de solutions de transport moins émettrices de carbone.
Le partenariat entend également contribuer à l'adoption de politiques de transport durable et au développement d'un marché local de l'emploi dans le secteur ferroviaire. Le transfert de compétences, la formation professionnelle et la création d'emplois durables figurent ainsi parmi les axes prioritaires de cette démarche.
L'enjeu dépasse donc la seule construction de nouvelles lignes. Il s'agit également de favoriser la compatibilité technique des infrastructures et des équipements entre les pays, afin de faciliter la circulation des trains de marchandises et de voyageurs au-delà des frontières nationales.
Cette ambition intervient dans un contexte où la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ouvre des perspectives d'intensification des échanges sur un marché de plus de 1,4 milliard d'habitants. Le développement de liaisons ferroviaires performantes pourrait contribuer à accompagner cette dynamique en améliorant l'acheminement des marchandises et en renforçant les connexions entre les zones de production, les centres industriels, les ports et les marchés de consommation.
Un centre de compétences ferroviaires africain en préparation
La coopération entre la BAD et le BMZ doit démarrer par une étude de faisabilité conjointe portant sur la création d'un Centre de compétences ferroviaires africain, dont la mise en œuvre est prévue avec l'appui de la GIZ. Le lancement de cette initiative est annoncé pour octobre 2026.
Ce centre devrait associer innovation, formation et développement des compétences afin d'accompagner la modernisation et l'extension des réseaux ferroviaires africains. Il répond notamment à un enjeu opérationnel : disposer de ressources humaines qualifiées capables d'assurer l'exploitation, la maintenance et la gestion des infrastructures sur le long terme.
La Banque africaine de développement s'appuie déjà sur plusieurs projets structurants pour soutenir le développement du transport ferroviaire sur le continent. Dans son intervention, Mike Salawou a notamment cité le corridor de Lobito, le programme de chemin de fer à écartement standard en Afrique de l'Est, le corridor de Nacala, le corridor ferroviaire Nord-Sud en Algérie, le réseau ferroviaire à grande vitesse au Maroc ainsi que des projets de transport ferroviaire urbain au Sénégal et au Nigeria.
Ces initiatives illustrent la diversité des besoins, entre le transport de marchandises sur de longues distances, la connexion des pays enclavés aux infrastructures portuaires et l'amélioration de la mobilité dans les grandes agglomérations. Le potentiel de développement reste toutefois important.
Selon les données présentées lors du Dialogue, le réseau ferroviaire africain ne représente que 8 à 10 % du réseau mondial. Cette présence limitée souligne l'ampleur des besoins en infrastructures, mais aussi les possibilités d'investissement liées à l'essor des échanges commerciaux et à la recherche de solutions logistiques plus efficaces.
Pour transformer ce potentiel en résultats, le responsable de la BAD a identifié cinq priorités : construire un marché continental soutenu par la ZLECAf, engager des réformes favorisant le report
