Les prix sont comme un thermomètre posé dans le panier de la ménagère. A peine un degré de plus, et c'est tout le marché qui le ressent.
En août, la fièvre reste légère dans l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), mais la courbe a repris sa marche ascendante.
Selon la BCEAO, l'inflation en glissement annuel, c'est-à-dire la hausse des prix constatée par rapport au même mois de l'année précédente, s'est établie à 1,3% en août 2026, contre 1,2% en juillet. Un gain de 0,1 point de pourcentage, modeste en apparence, mais qui confirme une tendance au raffermissement.
Une dynamique de fond, pas un simple accident
Plus révélatrice encore, l'inflation sous-jacente a progressé du même écart, à 1,1%. Cet indicateur écarte les produits frais et l'énergie, dont les prix fluctuent au gré des saisons et des cours mondiaux, pour isoler la pente structurelle du coût de la vie.
Son avancée indique que la poussée ne tient pas seulement à des aléas passagers.
Le poste transports en première ligne
Le principal moteur de cette hausse est le poste ‘'Transports'', dont les prix ont bondi de 4,7%, après 3,7% un mois plus tôt. Les ‘'Produits alimentaires'' ont suivi (+0,9% après +0,8%), tout comme la ‘'Communication'', repassée en territoire positif (+0,4%, contre -0,2% en juillet).
Le ‘'Logement'' conserve une orientation haussière (+0,7%), même si son rythme s'est nettement tassé par rapport à juillet (+1,5%).
Au niveau national, les écarts restent marqués. Le Mali (3,3%) et le Burkina Faso (3%) affichent les taux annuels les plus élevés de la zone, loin devant la moyenne régionale.
Avec 1,3%, l'inflation reste très en deçà des tensions observées ailleurs et bien contenue au regard de l'objectif de stabilité des prix poursuivi par la BCEAO. Mais la remontée des transports, plus sensible pour les ménages que n'importe quelle autre dépense contrainte, mérite une vigilance accrue dans les prochains mois.
Publié le 08/10/26 16:32
Dr Ange Ponou
