Le groupe américain Copper Intelligence et le canadien CoTec Holdings ont arrêté les termes d'un accord définitif de coentreprise, annoncé le 29 septembre 2026. Deux véhicules d'investissement, liés respectivement au directeur général de CoTec, Julian Treger, et à son président, Lucio Genovese, participent également au montage.
Selon le communiqué des deux sociétés, cette structure sera dédiée au traitement des anciens résidus de cuivre en République démocratique du Congo.
La ceinture cuprifère d'Afrique centrale compte parmi les principales régions mondiales pour la production de cuivre et de cobalt. D'après le communiqué, la société publique Gécamines y a accumulé d'importants volumes de résidus depuis le début de l'exploitation industrielle, dans les années 1950.
La nouvelle coentreprise entend ainsi établir un cadre pour identifier, développer et exploiter des projets portant sur ces stocks issus des anciens districts miniers du pays.
Pour mener cette activité, la structure commune prévoit de s'appuyer sur les technologies de CoTec afin d'" améliorer le potentiel économique des anciens sites de résidus " et des gisements de cuivre à l'arrêt, précise le communiqué.
CoTec se présente comme un groupe spécialisé dans les technologies d'extraction et de recyclage. Ses procédés ciblent notamment les actifs miniers marginaux, les résidus miniers, les déchets industriels et les produits recyclés.
Son portefeuille comprend notamment une coentreprise spécialisée dans le recyclage des aimants au Texas et une activité de retraitement de résidus de fer au Québec.
De son côté, Copper Intelligence se présente comme la première société congolaise indépendante spécialisée dans le cuivre à être admise sur le marché américain. Son président, Andrew Groves, estime que cette opération permettra de mobiliser des capitaux sans dilution pour les actionnaires et de renforcer la stratégie d'intégration verticale de l'entreprise.
Aucun site retenu à ce stade
La coentreprise n'a toutefois encore engagé aucun projet sur le terrain. Chaque opportunité identifiée devra d'abord faire l'objet d'une due diligence juridique et technique, avant la conclusion éventuelle d'un accord contraignant.
Tout engagement financier devra également recevoir l'approbation des administrateurs indépendants de la coentreprise et, le cas échéant, de ceux de CoTec.
La société commune est actuellement en cours de constitution aux Îles Vierges britanniques. Ses documents constitutifs et contractuels seront signés une fois le processus d'immatriculation finalisé.
À mesure que les projets identifiés atteindront une taille suffisante, la coentreprise prévoit par ailleurs de solliciter la U.S. International Development Finance Corporation (DFC), ainsi que d'autres sources de financement.
À ce stade, le communiqué ne précise ni le montant de l'investissement initial envisagé ni les volumes de résidus susceptibles d'être traités.
Cette initiative intervient dans un contexte de croissance de la demande mondiale de cuivre et de recherche de sources d'approvisionnement diversifiées en minerais critiques. Le métal est notamment utilisé dans les réseaux électriques, les énergies renouvelables, les véhicules électriques, les centres de données, les drones et diverses infrastructures.
Pour les promoteurs de la coentreprise, les anciens résidus miniers pourraient ainsi constituer une source supplémentaire de ressources, tout en donnant une nouvelle valeur économique à des actifs issus de l'exploitation minière passée.
Les deux entreprises soulignent toutefois que le développement de ces projets reste exposé à plusieurs facteurs d'incertitude. Elles citent notamment la disponibilité des ressources et des réserves, les coûts environnementaux et énergétiques, l'évolution des prix des matériaux, la performance des sous-traitants, les retards et dépassements de budget, les conditions météorologiques extrêmes ainsi que les risques géopolitiques et sociaux.
Claude Paul Tjeg
Publié le 29/09/26 15:10
La Rédaction
