Le Ghana a approuvé le principe du dépôt d'une candidature formelle pour rejoindre les Brics, groupe de puissances émergentes qui a considérablement élargi son périmètre ces dernières années. L'annonce a été faite ce 6 octobre par le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, à l'occasion de la visite au Ghana de son homologue indien, Subrahmanyam Jaishankar, d'après des sources consultées par Sika Finance.
Accra a d'ores et déjà sollicité l'appui de New Delhi pour soutenir sa candidature. Pour ce pays ouest-africain, cette démarche répond avant tout à une volonté de multiplier les leviers de coopération économique et de réduire sa dépendance à l'égard de ses partenaires traditionnels.
Le gouvernement ghanéen entend notamment tirer parti de nouvelles opportunités commerciales, d'investissement et de coopération avec les économies émergentes.
Un enjeu économique pour Accra
Pour le Ghana, l'intérêt d'une adhésion aux Brics dépasse ainsi la seule dimension diplomatique. Accra pourrait chercher à accroître ses échanges avec plusieurs grandes économies émergentes, à attirer davantage de capitaux et à développer de nouvelles coopérations dans des secteurs stratégiques.
Cette orientation intervient alors que le pays cherche à consolider sa trajectoire économique et à renforcer ses marges de manœuvre dans un environnement international marqué par la recomposition des échanges et des flux d'investissement. Une éventuelle adhésion permettrait également au pays de renforcer sa présence au sein des mécanismes de coopération du ‘'Sud global'', tout en ouvrant potentiellement de nouveaux canaux de dialogue avec certaines des principales économies émergentes de la planète.
La démarche ghanéenne reste toutefois à son début. Après le dépôt officiel de la candidature, celle-ci devra être examinée par l'ensemble des membres des Brics.
Le soutien de l'Inde constitue un premier signal favorable, mais ne préjuge pas de l'issue du processus.
Il faut souligner que le groupe connaît une importante phase d'élargissement. Créé en 2009 autour du Brésil, de la Russie, de l'Inde et de la Chine, puis rejoint par l'Afrique du Sud, le bloc s'est progressivement ouvert à d'autres économies émergentes et pays du Sud global.
L'Égypte, l'Éthiopie, l'Iran et les Émirats arabes unis figurent notamment parmi les nouveaux membres, tandis que l'Indonésie a également rejoint le groupe dans le cadre de son élargissement. Cette dynamique renforce l'attractivité du forum pour les pays souhaitant diversifier leurs relations économiques et diplomatiques.
Publié le 07/10/26 11:12
Narcisse Angan
