La Côte d'Ivoire dispose désormais de moyens supplémentaires pour accélérer la restauration de ses écosystèmes forestiers et renforcer l'adaptation des populations rurales aux effets du changement climatique. Le gouvernement ivoirien et le Groupe de la Banque africaine de développement ont mobilisé 24,07 millions de dollars, soit environ 13,5 milliards FCFA, pour financer une nouvelle phase du Programme intégré de développement et d'adaptation aux changements climatiques dans le bassin du Niger (PIDACC-BN).
Ce financement intervient alors que le programme entend intensifier ses interventions dans le centre du pays, notamment dans des zones marquées par la dégradation du couvert forestier et la pression exercée sur les ressources naturelles. Cinq régions sont concernées par cette nouvelle phase, à savoir le Gbêkê, le Bélier, l'Iffou, le Moronou et le N'Zi.
Environ 30 000 personnes devraient en bénéficier directement, avec une attention particulière portée aux femmes et aux jeunes.
L'enveloppe repose sur plusieurs sources de financement. Le Fonds africain de développement, guichet concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement, apporte 6,87 millions de dollars sous forme de prêt.
Le Programme d'investissement forestier du Fonds de stratégie climatique complète le dispositif avec un prêt de 12,6 millions de dollars et une subvention de 1,9 million de dollars. Le gouvernement ivoirien y contribue pour sa part à hauteur de 2,7 millions de dollars.
Au-delà de la restauration des espaces forestiers, ces ressources doivent soutenir des activités directement liées aux revenus des populations rurales. Le programme prévoit notamment la production de plus de sept millions de plants forestiers, l'installation de systèmes agroforestiers sur 6 000 hectares et la restauration de près de 3 300 hectares de plantations forestières.
L'élevage, le maraîchage et l'agro-transformation figurent également parmi les activités appelées à bénéficier des investissements.
L'enjeu est particulièrement important dans l'ancienne " ceinture du cacao ", où la pression sur les terres et la dégradation du couvert végétal ont profondément transformé les paysages. À travers l'agroforesterie et la restauration des plantations, le PIDACC-BN cherche ainsi à concilier préservation des ressources naturelles et maintien des activités économiques des communautés.
Lancé en 2018, le PIDACC-BN intervient à l'échelle du bassin du Niger avec pour objectifs de restaurer les écosystèmes dégradés, améliorer la résilience des populations face au changement climatique et favoriser une gestion plus durable des ressources naturelles. En Côte d'Ivoire, ses interventions couvrent le sous-bassin national du fleuve Niger ainsi que plusieurs zones du centre du pays et bénéficient directement ou indirectement à plus de 1,8 million de personnes.
Pour la Banque africaine de développement, cet investissement s'inscrit dans une dynamique déjà engagée. Tandina Abdoulaye, responsable des programmes pour l'Afrique de l'Ouest à la BAD, estime que les premiers résultats du programme montrent l'intérêt d'investissements ciblés dans la restauration des écosystèmes et le renforcement de la résilience des populations.
Le projet s'inscrit également dans les orientations du Plan national de développement de la Côte d'Ivoire et dans la Stratégie décennale 2024-2033 du Groupe de la Banque africaine de développement.
Fanuelle YAO
Publié le 28/09/26 17:15
La Rédaction
