La Banque mondiale identifie quatre filières susceptibles de diversifier l'économie congolaise au-delà du pétrole. Il s'agit notamment du bois transformé, de la logistique entre Pointe-Noire et Brazzaville, de la transformation du maïs et l'aquaculture.
Des réformes ciblées pourraient permettre d'y attirer entre 659 millions et 1,4 milliard USD d'investissements privés sur cinq ans.
Le bois concentrerait l'essentiel de ce potentiel, avec 560 millions à 1,1 milliard USD d'investissements attendus. Suivent la logistique (70 à 200 millions USD), la transformation du maïs (24 à 72 millions USD) et l'aquaculture (5 à 16 millions USD).
Selon la Banque mondiale, ces filières disposent déjà de débouchés, mais leur développement reste freiné par un environnement réglementaire contraignant, des procédures complexes et des infrastructures qui réduisent la rentabilité des investissements. L'enjeu est donc surtout de lever ces obstacles pour permettre au secteur privé d'exploiter davantage les marchés existants.
Avec plus de 70 % de son territoire couvert de forêts, le Congo dispose d'un potentiel forestier important. Le volume exploitable durablement est estimé entre 3,8 et 5 millions de m³.
La principale marge de progression se situe dans la transformation secondaire et tertiaire, notamment les meubles, portes, fenêtres, panneaux et éléments de cuisine.
Le secteur reste cependant pénalisé par l'accès à la matière première et par des incertitudes réglementaires, notamment autour de l'interdiction d'exporter les grumes et du mécanisme de partage de la production. La Banque mondiale recommande de clarifier ces règles, de réformer les permis d'exploitation domestique, dont la durée pourrait être portée jusqu'à 15 ans.
Ces mesures pourraient permettre d'attirer 560 millions à 1,1 milliard USD et de générer 5 300 à 11 500 emplois directs sur cinq ans.
La logistique constitue le deuxième grand potentiel. Le trafic conteneurisé du Congo a progressé de 8,3 % par an en moyenne entre 2010 et 2023, contre 3,7 % en Afrique centrale.
L'extension du terminal à conteneurs de Pointe-Noire, dont la capacité doit passer de 1 à 2,5 millions d'EVP par an d'ici 2027, pourrait renforcer cette dynamique.
La Banque mondiale estime qu'au moins 100 000 conteneurs supplémentaires pourraient être captés en levant les principaux obstacles liés aux procédures douanières, aux inspections, aux frais portuaires et au coût du transport routier. Le potentiel est évalué entre 70 et 200 millions USD d'investissements, pour 2 000 à 6 000 emplois.
Le maïs représente une autre opportunité industrielle. Malgré près de 10 millions d'hectares de terres arables, la production nationale reste insuffisante pour approvisionner régulièrement les brasseries et les fabricants d'aliments pour animaux.
La Banque mondiale recommande notamment de faciliter l'organisation des producteurs et de mieux cartographier les zones agricoles.
Ces réformes pourraient permettre l'installation de un à trois moulins d'une capacité de 50 000 tonnes par an, attirer 24 à 72 millions USD d'investissements et créer 400 à 1 100 emplois.
Dans l'aquaculture, le potentiel financier est plus limité, mais l'enjeu alimentaire est important. Le Congo consomme environ 160 000 à 163 000 tonnes de poisson par an, alors que la production aquacole n'a atteint que 1 962 tonnes en 2024.
La Banque mondiale préconise notamment un cadre réglementaire spécifique, des règles de biosécurité et un meilleur accès aux infrastructures de conservation.
Le secteur pourrait attirer 5 à 16 millions USD d'investissements et générer 1 200 à 3 600 emplois directs et indirects sur cinq ans.
Claude Paul Tjeg
Publié le 08/10/26 15:57
La Rédaction
