La Fondation Orange Côte d'Ivoire a réuni, le 30 septembre 2026 à Orange Village (Riviera Golf, Abidjan), un parterre d'experts et d'acteurs de la santé à l'occasion d'un panel d'échanges consacré aux pathologies cardiaques. Organisée dans le cadre de la Semaine du Cœur 2026, (du 26 septembre au 2 octobre), cette rencontre visait à mieux informer le public sur les facteurs de risque, la prévention et l'adoption de comportements favorables à la santé du cœur.
‘'Nous enregistrons 50 décès pour 100 000 habitants, avec des familles confrontées brutalement à un AVC (accident cardio-vasculaire). Cette mobilisation s'inscrit dans notre engagement en faveur de la santé, à un moment où la fondation célèbre 20 ans d'engagement'', a déclaré Catherine Assanvo, directrice générale de la Fondation Orange Côte d'Ivoire.
À cette occasion, la fondation a également marqué le cinquantenaire de l'Institut de cardiologie d'Abidjan (ICA) en lui faisant don d'un car de 15 places destiné à soutenir les campagnes de dépistage.
Menace grandissante des MNT
L'état des lieux mondial et national des maladies non transmissibles (MNT) demeure préoccupant pour les autorités sanitaires. ‘'On constate une forte hausse au plan mondial dans les pays à revenu faible et intermédiaire où s'opère une transition épidémiologique.
Ces maladies ne sont pas encore éteintes qu'on voit émerger une grande proportion de pathologies qui représentent désormais 74% des décès, avec en tête la maladie cardiovasculaire, les cancers et le diabète'', a constaté Dr Adoueni Katché Valéry, directeur Coordonnateur du programme de lutte contre les maladies métaboliques et de prévention des MNT, non sans souligner la gravité de la situation.
En Côte d'Ivoire, les données épidémiologiques indiquent que les MNT représentaient 37% de la mortalité globale en 2018, avant d'enregistrer une légère baisse à 36% en 2022. Les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de ces décès avec un taux de 15%, suivies par les traumatismes (10 %), les cancers (4%) et le diabète (2%).
De plus, la prévalence de l'hypertension artérielle atteint 39,92% tandis que celle du diabète s'élève à 6,2%.
30% d'hypertendus
Cette progression des pathologies cardiaques s'explique par la combinaison de facteurs métaboliques et environnementaux sur lesquels il est possible d'agir. Selon le Dr Adoueni Katché Valéry, ‘'il faut qu'il y ait de moins en moins d'Ivoiriens qui soient sédentaires, car il s'agit de facteurs modifiables sur lesquels on peut interférer pour éviter les décès prématurés avant 70 ans''.
Sur le plan national, l'activité physique insuffisante concerne 32,2% de la population, le surpoids touche 25,3% des adultes de plus de 20 ans, l'obésité 6,2%, et le tabagisme 12% des personnes de 15 ans et plus. L'urbanisation croissante, qui atteignait 51,71% en 2020, accentue cette tendance.
L'hypertension artérielle constitue le principal facteur de risque et le ‘'tueur silencieux''. Les intervenants, dont le Pr Joseph Thierry Niamkey, vice-président de la Société ivoirienne de cardiologie (SICARD), et Dr Adingra, précisent d'ailleurs que sa prévalence en entreprise est passée de 15% en 1992 à 30% aujourd'hui.
Poids socio-économique
Au-delà de l'enjeu sanitaire, le fardeau économique des maladies cardiovasculaires et des MNT s'avère colossal pour le pays et le secteur privé. Le Dr Ané Ambroise, médecin chargé des MNT au bureau de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en Côte d'Ivoire, révèle que le poids financier mondial atteindra ‘'30 000 milliards de dollars à l'horizon 2030'', tout en rappelant qu'avec ‘'3 dollars par an, on peut rattraper 1 000 dollars de dépenses''.
Il déplore également l'impact sur les PME où certaines cessent définitivement leurs activités ‘'parce que le chef est malade'' dans un contexte où le premier actif qu'est le personnel n'est souvent pas pris en compte dans les bilans extra-financiers (RSE) ni aux tables des comités de direction. Une lourdeur administrative confirmée par le Dr Adingra, soulignant que ‘'plus de 75% des assurances et mutuelles sont déficitaires de sorte qu'on n'arrive pas à quantifier le coût réel de la maladie''.
Le Pr Kramoh Kouadio Euloge, directeur de l'Institut de cardiologie d'Abidjan, a, quant à lui, insisté sur la vulnérabilité des travailleurs du secteur informel pour qui la maladie interrompt net les ressources, conduisant à une dépendance financière familiale tragique.
Réflexes de prévention
Pour contrer cette tendance, la communauté médicale préconise une série de mesures préventives simples. Dr Adingra recommande de mesurer sa tension régulièrement, de consommer moins salé en se limitant à une cuillère à café rase par jour, de pratiquer au moins 150 minutes de sport par semaine, d'éviter le tabac et de consommer 5 fruits et légumes par jour.
De son côté, le Dr Ané Ambroise préconise d'adopter des habitudes pérennes : ‘'Nous devons connaître le chiffre de notre tension comme notre date de naissance. Notre cœu

